lundi 8 mars 2010

A la recherche du droit ( Merci à Carole)

Le juge: Entrez!

Entre l'inspecteur de la police criminelle.

L'inspecteur: Bonjour, Monsieur le juge.

Le juge: Bonjour, Monsieur l'inspecteur. Je vous ai prié de venir au sujet de la délicate affaire qui nous préoccupe tous en ce moment. Cette histoire, d'ailleurs, ne me semble à vrai dire pas très claire.

L'inspecteur: ?

Le juge: Je conclus de ce dossier que la joaillerie dans lequel a eu lieu l'agression, est tenue par un étranger.

L'inspecteur: ?

Le juge : Les hommes mis en cause sont toujours membre de la section d'assaut numéro 7? (l'inspecteur acquiesce). Et la section n'a vu en tout cela aucun motif d'exclure trois hommes par mesure disciplinaire? (l'inspecteur secoue la tête).On peut tout de même admettre que la section, après tout le bruit que l'agression a fait dans le quartier, a mené son enquête? (l'inspecteur hausse

les épaules). Je vous serai obligé, Inspecteur de me donner avant les débats, un bref aperçu général.

L'inspecteur, mécaniquement : le 2 décembre de l'an dernier à 8h15 du matin, trois membres de la section d'assaut numéro 7, ont pénétré dans une joaillerie, rue des Pas perdus, et après quelques paroles, ont blessé le propriétaire, âgé de 54 ans, à la nuque. Il en résulte, en outre des dommages matériels qui se montent à 1234 devises. Des recherches, ordonnées le 7 décembre de l'an dernier,permirent à la police criminelle...

Le juge: Mon cher Inspecteur, mais tout cela est dans le dossier. (Il montre avec irritation l'acte d'accusation qui tient sur une seule page). Cet acte d'accusation est le plus maigre et le plus mal fichu que j'aie jamais vu. Et pourtant je n'ai pas été gâté ces derniers moi! Mais quand même tout cela y

est. J'espérais que vous seriez en mesure de me révéler quelque chose sur les arrière-plans de l'affaire.

L’inspecteur: Sans doute Monsieur le juge.

Le juge : Alors ?

L’inspecteur : A proprement parler, l’affaire n’a aucun arrière plan, monsieur le juge.

Le juge : Inspecteur, vous n’irez pas prétendre que l’histoire est claire ?

L’inspecteur, ricanant : Non, pour ça, non.

Le juge : Des bijoux ont du disparaitre au cours de l’agression. Les a-t-on retrouvés ?

L’inspecteur : Non, pas que je sache.

Le juge : ?

L’inspecteur : Monsieur le juge, j’ai une famille.

Le juge : Moi aussi, Inspecteur.

L’inspecteur : Il se trouve que le joaillier est étranger.

Le juge : Le nom l’indique.

L’inspecteur : Dans le quartier, on a murmuré pendant quelque temps qu’il devait s’agir d’une affaire de mœurs, de rapports criminels avec la race.

Le juge : Qui avait propagé ce bruit ?

L’inspecteur : Le propriétaire de l’immeuble.

Le juge : Il voulait sans doute voir l’étranger expulsé de son immeuble.

L’inspecteur : C’est ce que nous pensions. Mais par la suite, il est revenu sur ses dires.

Le juge : Nous pourrions expliquer l’affaire par l’animosité des jeunes du quartier à l’égard du joailler étranger. Si bien que dans une certaine indignation nationale…

L’inspecteur, décidé : Je ne pense pas, Monsieur le juge.

Le juge : Qu’est ce que vous ne croyez pas ?

L’inspecteur : Que les trois membres de la section d’assaut numéro 7 feront du bruit autour de cette affaire raciale. La section ne souhaite pas que cette histoire vienne sur le tapis.

Le juge, impatienté : Alors pourquoi m’en parlez vous ?

L’inspecteur : Parce que vous avez une famille. Et pour que vous n’ameniez pas cette histoire sur le tapis.

Le juge : Je comprends. Mais à part cela, je ne comprends pas grand-chose. Il ne me reste plus que l’hypothèse d’une provocation directe venant de l’étranger. Sinon l’incident est incompréhensible. Alors, comment les SA ont-ils été provoqués ?

L’inspecteur : D’après eux, ils allaient boire une bière et alors qu’ils passaient devant le magasin, le joaillier ainsi qu’un chômeur, employé par le joaillier pour balayer la neige, les auraient insultés.

Le juge : Naturellement, ils n’ont pas de témoin.

L’inspecteur : Si, le propriétaire de l’immeuble. Ainsi que l’associé du joaillier.

Le juge : Un national ? Mais son associé ne va tout de même pas déposer contre lui ?

L’inspecteur, finement : Peut-être que si.

Le juge : Mais ainsi, le joailler et son associé ne peuvent plus introduire de demande en dommages et intérêts ?

L’inspecteur : Justement. Nous avons découvert que l’associé à ses entrées au siège de la section. Il en aurait d’ailleurs été membre. A ce propos, il aurait déjà été impliqué dans une affaire du même genre. Il a fallu à l’époque se donner beaucoup de mal pour enterrer l’affaire. A mon avis, ce n’est pas le type à se trouver là par hasard.

Le juge : Je ne vois pas quel intérêt à l’associé a de voir son commerce subir une perte de plus de 11 000 devises.

L’inspecteur : Si l’on prouve que le joaillier a eu une attitude provocante, l’associé n’est plus solidaire et alors il pourrait lui demander des dommages et intérêts. C’est clair ?

Le juge : Oui, c’est évidemment très clair. (Pensif, il considère un instant l’inspecteur qui a repris la contenance absolument inexpressive de l’homme en service). Je vous remercie Inspecteur, vous m’avez rendu un réel service.

Le juge offre un cigare à l’inspecteur. Celui-ci en sortant, croise le procureur qui entre.

Le procureur : Puis-je vous parler un moment ?

Le juge, qui épluche une pomme : Vous le pouvez.

Le procureur : Il s’agit de l’affaire des membres la section d’assaut numéro 7.

Le juge, occupé : Oui ?

Le procureur : Cette affaire est en somme assez claire…

Le juge : Oui, à vrai dire je ne comprends pas du tout pourquoi le parquet a entamé une procédure.

Le procureur : Comment ? L’affaire a soulevé dans le quartier une fâcheuse émotion. Les dirigeants, eux-mêmes, ont considéré qu’une enquête était justifiée.

Le juge : Je ne vois là qu’un fort clair de provocation étrangère, rien d’autre.

Le procureur : Folie, mon cher. Nos actes d’accusation sont certes laconiques, mais ils méritent la plus grande attention. Je m’étais douté que vous, en toute simplicité, vous iriez droit à la solution la plus simple.

Le juge, perplexe, a cesse de manger sa pomme : Je n’y comprends rien du tout. Vous n’allez quand même pas me dire que votre intention est de disculper l’étranger ?

Le procureur, avec grandeur : Et quand encore ce serait mon intention ! Cet homme n’a aucunement eu l’idée de provoquer. Parce qu’il est étranger, pensez vous qu’il ne puisse obtenir justice devant un tribunal ? Considérations au plus haut point singulière que vous développez la.

Le juge, irrité : Je n’ai fait que m’en tenir à l’hypothèse de la provocation des membres de la section.

Le procureur : Mais ce n’est pas le joaillier, le responsable, c’est ce chômeur qui balayait la neige.

Le juge : Il n’y a pas un mot de cela dans votre acte d’accusation.

Le procureur : Evidemment. Le parquet n’a su que par ouï-dire que des membres de la section avaient été attaqués par un étranger. Il est alors intervenu comme c’est son devoir. Le propriétaire de l’immeuble a déclaré que le chômeur avait insulté à pleine voix les membres de la section.

Le juge : Je ne comprends pas. C’est bien lui le propriétaire ? Qui veut expulser le joaillier ? Sa déposition va à l’encontre de ses intérêts.

Le procureur : Qu’est ce que vous avez maintenant contre le propriétaire de l’immeuble ? Pourquoi, sous la foi du serment, ne dirait-il pas la vérité ? Vous ignorez peut être qu’il est membre de la section et qu’il a d’excellentes relations au Ministère de la Justice. Je vous conseillerais de le tenir pour un homme honorable, mon cher.

Le juge, finement : On dit pourtant qu’il aurait dénoncé le joaillier pour autre chose…

Le procureur : Mais qui vous dit qu’il ait pour autant envie de le faire expulser ? La plainte a d’ailleurs été retirée. Cela laisserait plutôt entendre qu’ils sont en très bons termes, non ? Mon cher, ne soyez pas naïf !

Le juge, à présent, vraiment très en colère : Mon cher, ce n’est pas si simple. Je pensais que son associé allait le couvrir, il va le charger. Et le propriétaire, qui l’avait dénoncé, va le couvrir. Allez-vous y reconnaitre ! Horriblement compliquée cette affaire… Un cigare ?

Le procureur prend un Havane. Ils fument en silence. Puis le juge sombre, examine :

Le Juge : Mais s’il est établi que le joailler n’a pas provoqué les membres de la section d’assaut. Il est net qu’il peut introduire une demande en dommages et intérêts contre la section ?

Le procureur : Primo, il ne peut pas l’introduire contre la section mais contre les 3 membres de la section impliqués dans l’affaire, qui au passage ne possèdent rien. Secundo, il réfléchira peut être avant de déposer une plainte contre la section.

Le juge : Si le juge s’en tire, la section ne sera guère satisfaite.

Le procureur : Le tribunal confirme que les membres de la section ont été provoqués : que ce soit par l’étranger ou le chômeur, ça leur est égal.

Le juge : Pas tout à fait. La joaillerie a subi des dommages. Il y a quelque chose dont la section demeure responsable.

Le procureur : Oui, on ne peut pas tout avoir. Vous ne pouvez pas faire le droit à tout le monde. A qui le faire ? C’est à votre sentiment national de vous le dire, mon cher. Je peux simplement vous assurer que dans certaines sphères nationales -j’entends des hautes sphères- on attend de la magistrature nationale, disons, un peu plus de tenue.

Le juge, soupirant profondément : Rechercher où est le droit n’est plus si simple. Vous en conviendrez, mon cher.

Le procureur : Vous pouvez vous en tenir à une admirable parole de notre Ministre de la Justice ; « Est juste ce qui est utile au peuple ». Surtout, ne craignez rien. Vous connaissez maintenant les arrière-plans. Alors, pas de difficultés. A plus tard, mon cher.

Il sort. Le juge est très mécontent. Il reste un moment à la fenêtre. Puis il feuillette distraitement le dossier. Enfin, il sonne. Entre un huissier.

Le juge : Allez à la salle des témoins me chercher l’inspecteur. Discrètement. (L’huissier sort. Entre l’inspecteur). Inspecteur, vous alliez me mettre dans de beaux draps avec votre conseil de voir l’affaire comme une provocation de l’étranger. Il parait que le propriétaire de l’immeuble est prêt à témoigner, sous la foi du serment, que la provocation ne vient pas de l’étranger mais du chômeur.

L’inspecteur, imperturbable : Oui, c’est ce qu’on dit, monsieur le juge.

Le juge : Qu’est ce que ça signifie encore : « C’est ce qu’on dit » ?

L’inspecteur : Que les insultes viennent du chômeur.

Le juge, avec fermeté : Vous êtes dans un Palais de Justice. Le chômeur a-t-il avoué ou non ?

L’inspecteur : Le rapport du commissariat précise qu’il a avoué. Seulement…

Le juge : Il a avoué ! Que signifie votre « seulement » ?

L’inspecteur : Durant la guerre, il a reçu un éclat d’obus dans la gorge et ne peut pas parler très fort…

Le juge : On dira que pour insulter les gens, point n’est besoin de voix. Un simple geste suffit. J’ai tout à fait l’impression que le Parquet veut ménager à la section une ligne de retraite.

L’inspecteur : Sans doute, monsieur le juge.

Le juge : Qu’est ce qu’a déclaré le joailler ?

L’inspecteur : Qu’il n’était même pas là. On ne peut rien en tirer de plus.

Le juge : Tout porte à croire que l’homme est innocent et que, mêlé accidentellement à cette histoire, il s’en lave les mains.

L’inspecteur, se résignant : Sans doute, monsieur le juge.

Le juge : Il suffira à la section que leurs gens soient mis hors de cause.

L’inspecteur : Sans doute, monsieur le juge.

Le juge : Ne dites donc pas toujours « sans doute » comme un jouet mécanique.

L’inspecteur : Sans doute, monsieur le juge.

Le juge : Que voulez vous dire au juste ?

L’inspecteur, par bonté d’âme se décide brusquement : Vous êtes vous demandé si monsieur le Procureur ne voulait pas tout simplement votre place, et si dans ce but il ne cherchait pas à vous perdre. De toute manière, quelque soit le verdict, l’homme de la rue ne le comprendra pas. Car enfin, dans notre Nation, comment un étranger peut-il avoir raison contre la section ?

Depuis quelques temps, on entend un bruit dans le fond de la pièce. Il devient maintenant assez fort.

Le juge : Qu’est ce que c’est que ce bruit ? Un moment, Inspecteur. (Il sonne. L’huissier entre. ) Qu’est ce que c’est que ce vacarme ?

L’huissier : La salle est pleine. Et dans les couloirs, ils sont tellement serrés que maintenant personne ne peut plus passer. Et il y a des membres de la Section qui disent qu’ils doivent passer, parce qu’ils ont ordre d’assister aux débats.

Il sort. Le juge a l’air effrayé.

L’inspecteur, continuant : Vous allez avoir ces gens là sur le dos. Un bon conseil, tenez vous en à l’étranger, et laissez la section tranquille.

Le juge : C’est bon, Inspecteur, il faut que je réfléchisse.

Il sort. Le juge se lève lourdement et sonne. Entre l’huissier.

Le juge : Allez jusque chez monsieur le conseiller et priez le de venir me voir.

L’huissier sort. Entre la bonne du juge avec un paquet contenant le petit déjeuner.

La bonne : Vous perdez la tête une fois de plus, monsieur le juge, vous êtes terrible. Qu’est ce que vous avez encore oublié aujourd’hui ? Le principal : le petit déjeuner ! (elle lui tend le paquet). Nous serions obligé d’aller acheter des Bretzels encore tout chauds, et nous aurions nos lourdeurs d’estomac, comme la semaine dernière. Et ça, parce que jamais vous ne prenez soin de vous.

Le juge : C’est bien Marie.

La bonne : A peine, si j’ai pu passer. Tout le Palais de Justice est plein de membres de la section à cause du procès. Mais aujourd’hui, ils vont se faire rappeler à l’ordre. Les gens le disaient chez le boucher. Heureusement qu’il y a encore une justice. Dans la section, il y a la moitié d’anciens criminels. Si nous n’avions pas notre justice, ils iraient enlever les tours des cathédrales. Ils ont fait ça à cause des bagues, l’un deux a une fiancée qui faisait le trottoir. Et ils ont assommé le chômeur qui balayait la neige. Ils ne se gênent pas, ils terrorisent le quartier, et ceux qui disent quelque chose, ils les repèrent puis ils les battent.

Le juge : C’est bien, Marie. Maintenant allez.

La Bonne : Comme je le disais chez le boucher : monsieur le juge va les traiter comme il faut. Je n’ai pas raison ? Vous avez avec vous tous les honnêtes gens, monsieur le juge. Seulement, ne mangez pas si vite, vous allez vous faire du mal. Et maintenant je m’en vais, je ne vous retiens plus, vous avez votre séance. Vous devriez prendre soin de vous. La santé est le plus grand des biens. Maintenant je m’en vais, je vois que vous êtes impatient d’aller en séance, il faut que j’aille chez l’épicier.

La bonne sort. Entre le conseiller, un ancien magistrat ami du juge.

Le conseiller : Qu’est ce qui se passe ?

Le juge : Je voulais te parler de quelque chose, si tu as un moment. J’ai ce matin une affaire assez effroyable.

Le conseiller, s’asseyant : Oui, l’affaire de la section. On en parlait chez moi hier après midi. Affaire très déplaisante.

Le juge : Que disent-ils chez toi ?

Le conseiller : Personne ne t’envie (Avec curiosité). Qu’est ce que tu vas faire ?

Le juge : Justement je ne sais pas. Je ne pensais pas du reste que l’affaire était déjà si connue. On dit que l’associé est un personnage très dangereux.

Le conseiller : On le dit. Mais le propriétaire de l’immeuble n’est pas non plus un philanthrope. Il a par exemple certaines relations…

Le juge : Très hautes ?

Le conseiller : Très hautes ! (Une temps. Prudemment). Si tu laisses l’étranger, hors de cause, on dira que le responsable est le chômeur. Et si tu acquittes les membres de la section, tout le monde sera satisfait. De toute façon, l’étranger ne portera pas plainte.

Le juge : Non, mais l’associé de Arndt ira réclamer à la Section, les objets de valeur et alors j’aurais toute la Section sur le dos.

Le conseiller, après avoir pesé l’argument qui l’a visiblement surpris : Mais si tu ne laisses pas l’étranger hors de cause, le propriétaire de l’immeuble te tombera dessus. L’étranger a des traites à la banque que lui a signées le propriétaire.

Le juge, effondré : des traites !

Le conseiller : le propriétaire a besoin de l’étranger, sans lui, il est ruiné.

Le juge : Comme vache à lait.

Le conseiller : Je n’ai rien dit de tel, mon cher.

Le juge : Ne le prends pas ainsi…étant donné ce que nous sommes l’un pour l’autre.

Le conseiller : Que veux-tu dire par là ? Dans cette affaire, il n’est meilleur ami que soi même.

Le juge : Je suis prêt à tout. Je tranche, comme on le demande, mais encore faut-il savoir ce que l’on demande. Si on ne sait pas, il n’y a plus de justice.

Le conseiller : A ta place, je ne crierais pas si fort qu’il n’y a plus de justice.

Le juge : Qu’est ce que j’ai encore dit ? Je ne le pensais pas. Je veux seulement dire que quand il y a de telles contradictions…

Le conseiller : Il n’y pas de contradictions au sein de la Nation.

Le juge : Oui, naturellement. Mais je ne disais rien d’autre. Ne pèse donc pas ainsi chaque mot.

Le conseiller : Pourquoi pas ? Moi aussi, je suis juge.

Le juge, en sueur : Si on voulait peser chaque mot de chaque juge, mon cher. Il faut que l’on me dise quelle est la décision conforme aux intérêts supérieurs. Ma femme a beau jeu de dire que je n’ai qu’à établir les faits dans leur réalité. Evidemment, je ne condamnerai pas les membres de la section, le condamnerai l’étranger ou le chômeur, mais lequel des deux ? En aucun, je ne finirai exiler, ou même interner ! Ne me regarde pas comme ça ! Je ne suis pas un accusé. Je suis prêt à tout.

Le conseiller, qui s’est levé : Etre prêt, ce n’est pas tout mon cher !

Le juge : Mais en faveur, de qui faut-il trancher ?

Le conseiller : En général, cela est dicté au juge par sa conscience, monsieur. Tenez-vous le pour dit.

Le juge : « Vous jugerez en toute science et conscience ».

L’huissier entre. Le bruit des couloirs s’entend très fort.

L’huissier : Les membres de la section d’assaut numéro 7, monsieur le juge.

Le Juge cherche son dossier.

L’huissier : Par ici, monsieur le juge. Mais où avez-vous mis votre serviette avec l’acte d’accusation ?

Le juge, complètement perdu : Oui, j’en ai besoin. Sans cela je ne saurais plus du tout qui est accusé.

L’huissier : Mais c’est l’annuaire du téléphone que vous avez pris, monsieur le juge. Voici votre serviette.

Il la lui fourre sous le bras. Le juge sort, tout égaré, en s’épongeant le front.



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